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lundi 11 mai 2009

Sociologie du geek : appréhension de l'autre dans le contrat de communication

Saba'h el-kheir,
Un peu d'arabe libanais pour changer des vieux hi/hoï/hola/yop. Ce qui me permet de faire une transition toute trouvée vers rien puisque que ça n'a aucun rapport avec quoi que ce soit. Quel talent.

Revenons aux fondamentaux, si vous le voulez bien. Il y a certaines choses qui sont sacrées chez les geeks. Certaines œuvres, personnes, objets qui construisent le geek, l'éduquent et le forment jusqu'à un degré de plénitude culturelle duquel il est difficile de redescendre tant les autres ont des hobbies et des connaissances fades et mièvres. Il y a des savoirs à acquérir et des compétences à maîtriser comme diraient les mecs des sciences de l'éducation. Ce bagage du geek constitue sa définition en tant qu'être social, bien plus que sa profession ou son origine. Mieux, ce bagage le définit par rapport aux autres. Autres personnes, mais aussi autres geeks.

Vous le savez bien, bande de petits Sartres frippons : l'enfer c'est les autres. Ceux qui viennent te parler de mangas genre Yu Gi Ho, quand tu as vu Gost in the shell. Ceux qui viennent te bassiner avec Twilight quand tu as lu Ann Rice et que t'as le bouquin de la Masquarade à la maison. Certes je grossis le trait mais vous voyez ce que je veux dire. Il y a aussi ceux qui pensent que Tolkien est un grand écrivain, mais c'est un autre débat...

Quiconque tâte du jeu de rôle, bouquine de la fantasy, de la SF, joue à des jeux vidéos un peu spéciaux, développe un certain mépris pour les quidams qui osent s'aventurer dans leurs domaine sans passer par un certain temps d'apprentissage. Nous sommes très cons là dessus...Genre on devient pas geek comme ça, mec, c'est plus difficile que tu ne le crois, et OUI JE SUIS PLUS FORT QUE TOI MOUHAHAHAHAHA. Conneries et billevesées, n'importe quel crétin avec une connec' peut devenir un geek, pour preuve, vous (et moi). Le sens du terme s'étant élargi, ce n'est que d'autant plus vrai. Et c'est tant mieux d'ailleurs. Imaginez qu'on soit fan de sanskrit, ça serait un peu plus galère sur le net.

On en est presque à faire passer une sorte d'entretien d'embauche avant de leur parler vraiment, à ces autres. T'as déjà joué à Q3/D2/War3/StarCraft/TA/HL ? Tu connais bashfr ? Tu connais DD? T'es sous linux au fait ? Et les 2 minutes du peuple ? Bon, alors peut être les donjons de naheulbeuk ? Ok dernière chance, tu connais Terry pratchett ?
Comment ça, "Non mais j'ai lu le seigneur des anneaux, j'ai les DVD, et j'aimais bien Risk quand j'étais petit. Hé tu me stresses là, qu'est ce que tu fais avec cette figurine en résine ? Pose ça va, ça va mal finir. Non, pas les poils, nooooooooooooonnnnnnn"

Généralement ce genre de rencontre ne peut se finir que dans le mépris voire au mieux par le tag mental [Gron00b] sur le front de l'interlocuteur. Car on ne respecte pas celui qui se perd en chemin dans le mainstream. Ni celui dont le hobby est trop respectable, trop normal, pas assez geek. Non, il faut retrouver chez l'autre les traces de sa propre malédiction. Nous sommes une famille, avec des codes et des valeurs. Malheur à celui qui se toque d'aimer le foot et plus belle la vie.

On traque le geek, le congénère, en semant des petits indices dans la conversation, en abusant des sigles et autres marques de reconnaissance vulcaines. En citant au mot près des répliques de films cultes. A coup de t-shirt et de jargon franglais, de mimiques et de références, on espère reconnaître qqn de la meute. Oui je sais à quoi vous pensez , on se sent le cul, comme les clébards. C'est exactement ça.

                             |     ________          
      Au ministère, on,      |    (        )         
     utilise le pare-feu     |   ( ALBAN00B )        
     d'open-office pour      |    ( _______)         
     sécuriser les ordis.    |     O                 
                ,            |      o                
     00      00              |       °00      00     
    c||l    n||b             |       c||l    n||b    
     bb      dd              |        bb      dd     
                             |                       

Ce qui est magnifique, c'est cette sorte de pudeur qui nous pousse à nous dévoiler par petites touches, car notre palette de goûts nous identifie, j'y reviendrai. Pudeur aussi, quand on écoute l'autre se dévoiler. On ne va pas directement détruire sa série d'animés fétiche, par exemple Full Metal Alchemist (d'autant plus qu'on regarde les HS de Naruto, ça ferait désordre) qu'il avoue apprécier, et on ira même jusqu'à sortir la phrase hypocrite "Je sais pas , je connais pas trop, j'ai jamais regardé en détail" qui laisse penser qu'on suspend notre jugement, alors que pas du tout, FMA, c'est nazouillard et d'ailleurs ça reflète bien une certaine facilité dans ses choix, non ?

Le nouveau venu est sans doute aussi geek que nous, donc on va y aller molo, et on va même s'approcher de la sagesse en convenant que si pour nous c'est les shoot'em up japonais, ben pour lui ça peut être FMA, chacun ses goûts. Ô phrase horrible que celle-ci. Surtout quand le nouveau venu se pique d'adorer qqch qu'on déteste. Sur les forums du net, gigantesque deathmatch à coup de post entre avatars, il y aurait alors confrontation, troll, flamewar : reportez vous au billet de pini qui en analyse les 5 grandes tendances. Mais sur le net on se connait pas , c'est pas pareil IRL, on est plus gentil.

Revenons à notre nouveau venu IRL justement. Il me semble important de souligner un aspect très positif avant de conclure.
Ce nouveau venu peut n'avoir aucune intersection avec nos centres d'intérêt, se passionner de botanique et être végétarien. Il peut tout à fait ne pas jouer une seconde à un jeu vidéo. Il peut ne pas faire de zik, ou ne pas y être sensible, ne pas vraiment kiffer l'informatique, être végétarien (je sais je l'ai déjà dit), et adorer la chimie ou l'électronique.

Hé ben ça pourrait quand même être un pote geek. Ben si. On est tous des frères, sauf les mac users hein ? ( et les rouquemoutes)

S'il y a la façon de faire, l'enthousiasme, la passion et que c'est un type bien (oui, ou une fille bien, restons ouverts, mais ne nous faisons pas trop d'illusions), ça va le faire.
Mieux, en cas de doute sur un truc qui concerne ce qu'il aime, nous voila muni d'un interlocuteur privilégié qui nous donnera sa version des faits, objective et biaisée, mais qu'on sait être vraie, au fond, même si on est pas d'accord. C'est pour ça que quand je dis qu'un truc est tout pourri, c'est vrai. Et tout le monde fait ça, pas la peine de feindre l'ouverture. Ce qui est bien c'est qu'on peut changer d'avis en discutant avec un geek -true story-. Le mec lambda n'a aucune chance de convaincre, il a pas les outils, c'est normal.

Pour boucler avec le début et le milieu, évoquons le rôle d'avatar des goûts d'un geek. Les goûts d'un geek le définissent assez précisément aux yeux d'un congénère. Ce sont nos catégories socio-professionnelles à nous. Et bien sûr, il existe une grande variété de profils pour chacune des catégories. Quand je parlais de pudeur tout a l'heure, c'était pour ceci : il faut faire attention à ce qu'on révèle, puisque ça nous définit.
Et on se retrouve à tricher sur la réalité pour ne pas que l'autre geek nous place trop rapidement dans la catégorie correspondante. Par exemple j'attaquerais pas en disant que je suis les épisodes de Naruto, il va croire que je suis un otaku. Ni que je regarde Grey's Anatomy. Non, à la place je balancerai du lourd de qualité, pour bien montrer que je ne cède à la facilité que par confort, et que par là, je suis un mec c00l. je veux orienter le contrat de communication, je triche, je reste un humain, même si geek.

Et plus il rentrera dans les cercles intérieurs, plus je pourrais lui révéler que j'aime bien Soan de la nouvelle star, que je regarde qq séries à l'eau de rose par vice , et que j'ai adoré le manga Nana, pour-filles-plus-girly-tu-meurs, et que dans ma musique sur mon disque dur, on trouve l'intégrale des musiques de Megaman II, et que des fois je les écoute au mp3 parmi des gens qui écoutent autre chose, vraisemblablement qqch de bien pourri, vu le goût des gens.

Je sais, enfin, crois savoir, ce que vous vous dites :
"Tain mais c'est quoi cette fierté à deux balles, on croirait entendre un breton/basque/corse, préservation du patrimoine indépendance et tout, ça va hé ho"
Ou encore
"Vous ressentez cet orgueil sourdre tout au long de sa prose ? En quoi les geeks sont ils censés être les gardiens du temple ?", même si encore une fois je vous crédite d'une réflexion et d'une expression qui dépasse largement vos espoirs les plus fous...
Ou enfin
"Mais un vrai geek ne perdrait pas son temps dans un exercice aussi futile d'autosatisfaction, il passerait son temps à des trucs de geeks, comme un vrai." <- Oh, celle là elle est 'achement vraie, je vous félicite. Mais je suis un geek 'soft' , terme qui devrait être rapporté à une abaque des geeks que Mumu devrait poster sans doute en même temps que le post sur Heroes de Valde. Ceci dit vous avez sans doute raison, champagne !, hé oui pour une fois !, et vous vous dites aussi que la dénomination geek pourrait s'étendre à n'importe quel groupe d'intérêt commun. Ben non, là c'est pas pareil, c'est tout, c'est comme ça.



Une belle tartine de texte pour changer, avec le retour de mon illustrateur attitré, qui devrait faire parler de lui dans les posts futurs.

mercredi 4 mars 2009

Frustration

Bon les mecs il nous faut un boss de fin là. Faut pas hésiter à le rendre bien hardcore, quitte à le cheater. Si jamais ça passe mal on fera un patch (payant) (et cher) pour le nerfer. Bon alors au niveau des attaques on a quoi ?

*jingle de capital tutudutudu*

Bonsoir je suis toujours habillé classe mais relax, assis négligement sur la table design du studio, et je regarde de 3/4 la caméra, oops, j'ai lu les didascalies du prompteur.

Nous abordons au cours de cette émission un sujet bien connu des gamers: les boss de fin. Qu'ils soient gigantesques ou quasi invincibles, les boss occupent une place à part dans l'univers des gamers et certains sont devenues de véritables stars de la communauté.*changement de caméra*. Changement de caméra entre asterisques, excusez moi, j'ai encore lu le prompteur

Alors comment sont ils conçus, quelles sont les conséquences sur les joueurs qui les affrontent et dans quelle mesure définissent ils l'identité d'un jeu ? *courte pause* Sommaire-Top5.

5)Les "intouchables" du jeu vidéo
Ce qui frappe dans les boss (outre leurs poings, leurs genoux et leur armes de porc) c'est souvent leur taille démesurée par rapport à votre pauvre PJ riquiqui. Qui plus outre et non des moindre, un simple contact avec le grand corps en bonne santé du boss vous fera mourrir, clignoter, perdre la moitié des points de vie ou vos anneaux. Alors qu'un simple slam avec le grand corps malade de Fabien vous fera regretter l'album d'Oxmo Puccino, ce qui n'a rien à voir, mais méritait d'être souligné.
Les boss disposent d'une zone sensible assez réduite qu'il faudra savoir dénicher et convenablement taillader pour le vaincre. Vous, votre zone sensible c'est partout, même s'il vous frite le talon de chaussure ou les cheveux, vous morflez. Et vous n'avez pas de seconde forme encore plus puissante en réserve non plus, et la priorité de vos chiquenaudes par rapport à ses déluges de violence est aussi ridicule qu'un pull sans manches à losanges. La preuve en image


4)La crise des Hit-Points


Le boss ne se prend pas la tète de mort pour le choix des armes : il a tout comme vous mais en mieux. Et il a même des armes que vous verrez jamais, et tac ! Il n'hésitera pas à les combiner à outrance, il s'en fout, il fait 2 tonnes et 3 barres de vie, il fait ce qu'il veut.

Et là , citons Lofofora : "Ecarte les fesses, c'est l'heure de la messe" ... D'une baffe il vous gèle dans les flammes, son aura vous éblouit de sa noirceur et ses sorts vous achèvent rapidement d'une mort lente. Le boss n'a pas peur des oxymores du moment que vous ne survivez pas. C'est sont petit côté demi-dieu complètement cheaté qui ressort.
Et même avec tous les coeurs du jeu, tous les 'healing scroll of full regeneration', vos points de vie vont fondre comme neige au soleil une glace dans mon congèl de nain.

3)Défaites et desespoir : la fureur de perdre

Dans un jeu bien fait, à l'arrivée face au boss final, on est censé maîtriser une bonne partie des arcanes de l'arcade. Ca ne suffira pas... Déjà à cause de la réserve de points de vie faramineuse qu'il possède mais aussi et surtout à cause des techniques de chacal qu'il va utiliser. Téléportation dans votre dos, rayons qui prennent la moitité de l'écran, endurance de kenyan, rien ne l'arrète.
Et vous vous allez mourrir un bon paquet de fois, le temps d'explorer toutes les possibilités face à ce gros tas. Le rush ne marche pas, le camping non plus, la chance peut aider mais jamais assez longtemps, et à chaque mort, vos nerfs en prennent un coup. Et là bizarrement vous allez essayer d'appuyer plus fort sur les bouttons, comme si ça changeait quoi que ce soit. Ou alors crier au scandale, au cheat et que franchement, c'est pas normal.
Aussi intransigeant qu'un linux, le boss, si ça marche pas, c'est de ta faute, gros n00b. Et là, pas de pini pour déplanter par ssh...
Si en plus il faut se retaper tout le niveau qui le précède + tous les écran de chargement/dialogues/animations de portails à la con, y a de quoi devenir cinglé.

2)Vers une institutionalisation des boss

Le boss dispose en principe d'un niveau à lui, d'une musique à lui et d'un trône majestueux fait en crânes et en obsidienne.

Comble du raffinement, il est possible que le boss de fin que vous tuez ne soit pas le "vrai" boss de fin. Dans les vrais jeux, ceux qui sont réservés à l'élite, à savoir les shoot'em up japonais (tiens tiens), il faut parfois terminer le jeu deux fois pour voir apparaître le vrai boss de fin. Sachant que la difficulté de la deuxième fois est encore plus velue...

Pour être complet, je dois aussi mentionner le moment où on doit rebattre la succession de boss précédents avant de rencontrer le boss de fin. Pour peu qu'il y en ait beaucoup, ça devient presque une piste de moto-cross, sans le DJ et les saucisses.


Zombie Ninja Clone VS Alien Cyborg Pirat
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| | | _. | |
| | | /| | P |
| | | Mes bottes sont | |
| | | 3 lignes et 4 | | | | W |
| Crève, saloperie | | colonnes plus | |_| | |
| communiste ! | | grosses que toi |_____|_T | N |
| , | *KABOOM* | T_____T | | |
| __00____ | __00____ ~ | __00____ | | | | E |
| |_n||b __\ | |_n||b __\ ( ~ ~ | |_n||b __\ | | | | |
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1)The End: Itinéraire d'un succès

Ca y est, vous avez triomphé, au prix de sueur, de sang et de tenacité.
La danse de la victoire en cas de moule ininterrompue peut être aussi ridicule que l'on veut, comprennez nous, on a le droit, on a vaincu comme des guerriers, même si c'est à coup de quick save en rafale, le jeu ne le sait pas. Et on pourra dire "Oué j'ai battu Sigma de MegamanX" en complétant mentalement par "sur émulateur", sans avoir l'impression de mitonner des salades.

Devant le générique de fin avec un peu d'art-work et la liste du staff, vous pouvez enfin goûter un repos bien mérité avant de voir s'afficher le mythique GAME OVER, qui pour une fois n'aura pas l'aspect d'une sanction moqueuse qui s'enracine dans votre médiocrité. Il ne reste plus qu'à retenter le jeu dans un mode de difficulté plus élevé ou à désinstaller le jeu et passer à un autre.
Eternel recommencement que celui du gamer, le vrai, le tatoué.

D'ailleurs ça n'engage que moi mais le boss de guitar hero, ça aurait dû être Bruce Springsteen...
Le webcomic apparaît courtoisie de pini (P). Et aussi le Css pour que ca rende pas comme si j'avais dû m'en charger. Et aussi courtoisie de Nerd boy. Et aussi courtoisie de l'ASCII.C'est chiant les 'courtoisie de' , c'est trop recursif.